C’est reparti !

Eh voilà, Yann a repris le travail sur le côté tribord !

Cette fois, il ne travaille pas du côté du quai. En effet, il aurait fallu retourner le bateau, proue au nord (c’est à peu près le nord), poupe côté sud, c’est à dire exposée aux vagues.

démontage de l'avant tribord
démontage de l’avant tribord

Toujours victime des marins du dimanche et des irresponsables qui créent des vagues dans la rade, les coups répétés sous le tableau arrière auraient pu fragiliser le bateau.

En deux semaines, Yann a déjà changé au moins une douzaine de membrures.

Vous voyez les premières nouvelles membrures sur ces photos.2016 07 14 Campillo membrures 3 2016 07 14 Campillo membrures 2

Julien est revenu des Etats-Unis pour quelques jours et donne à nouveau un coup de main appréciable.

Les bons amis passent saluer Yann régulièrement. C’est un bon soutien moral très apprécié.

Transport d’un châtaignier

Il y a quelque temps, des amies nous ont aidés pour transporter un châtaignier depuis notre petit coin de forêt jusqu’au lieu de sciage. C’est assez long et compliqué, mais nous n’avons pas besoin de le faire trop souvent. Il n’a fallu jusque-là que 4 arbres !

2015 09 06 Les filles au bois (8)

Ces troncs font entre 10 et 13 mètres de long !

Il faut 2 à 3 heures d’efforts et de précautions pour en charger un sur le camion et le « porte-grume »… que Yann appelle également « trimbale »… parce qu’il l’a inventé ! Sans savoir que les « anciens » utilisaient ça depuis belle lurette sous le drôle de nom de « triqueballe ».

Yann a eu la bonté (euhhh ????) d’y ajouter un volant pour que je puisse aider dans les virages trop serrés, comme il y en a un à la sortie de notre chemin.

On me voit, juchée dessus, en train de me demander si je vais y arriver ! Le casque, le blouson de cuir et l’écharpe blanche ne sont pas nécessaires à la manoeuvre !!! C’est seulement l’effet d’un délire de nos copines qui m’avaient imaginée comme dans les dessins animés, genre Scoubidou, avec les lunettes d’aviateurs sur le nez !!!

Heureusement, le chemin jusqu’à la scie n’est pas très long. Mais Yann a tout de même prévu toutes les sécurités : plaque avec les feux stop etc, panneau blanc et rouge pour marquer l’arrière, gyrophares sur le triqueballe et sur le camion, freins costauds sur le triqueballe…

Bon, ces jours-ci, le sciage reprend pour la nouvelle saison de travaux !

Carvelle ou pointe ?

Bonjour !

Il ne s’est pas passé grand’chose cet hiver sur le bateau… Bon, on a bien eu une ou deux petites grosses tempêtes, on a cramé les batteries qui assurent l’alimentation de la pompe, Yann a installé une pompe à bras sur le pont… bref, la routine.

Du coup, je vais tenir une de mes promesses : vous parler des carvelles.

La carvelle est une sorte de clou carré. Bien sûr, les marins ne faisant les choses comme tout le monde, leurs clous ne sont pas ronds !

Plus sérieusement, le capitaine m’a expliqué les spécificités des carvelles par rapport aux clous.

En fait, la carvelle n’est pas carrée, mais rectangulaire.

En haut, la carvelle sur le côté le moins large

Maintenant, la carvelle vue sous son profil le plus largeMaintenant, la carvelle vue sous son profil le moins large = la tranche.

Le plus fréquemment, la carvelle est en acier galvanisé à chaud (ça ne rouille pas).

une carvelle plus longue, vue sur 2 côtés
une carvelle plus longue, vue sur 2 côtés

carvelle 2

Il y a toutes les tailles.

Quand elle est en bronze, c’est pour un yacht… Nous, on est dans le bateau de travail, c’est plus rustique ! Les yachts sont généralement en bois exotique (c’est moins lourd et plus joli). Dans le chêne, la carvelle en bronze se tordrait car elle buterait sur des nœuds (il n’y en a pas dans les bois exotiques) et elle serait déviée par le fil du bois. Dans le bois exotique, on ne risque pas d’être en « contre-fil ».

L’inconvénient, c’est qu’on n’en trouve pas facilement, il faut commander et c’est assez cher.

L’avantage : elle accroche mieux, elle tient mieux dans le bois.

Elle peut cependant faire éclater le bois, même entre les mains du meilleur charpentier de marine ! Pourquoi : elle a un sens, à cause de sa forme rectangulaire ! Donc, c’est une sorte de « coin », elle « écarte » les fibres du bois.

Le bout de la carvelle peut partir en « spatule », c’est-à-dire être plus large à la pointe, qui n’est pas un cône, mais un coin. Il faut l’utiliser à l’horizontale par rapport au fil du bois, le coin se trouvant perpendiculaire au fil du bois. Sinon, il écarte le bois et l’éclate.

Le clou : c’est une pointe normale comme vous les connaissez tous, mais plus grosse et surtout, en acier galvanisé.

On le trouve facilement, un peu partout.

Les clous ronds ont l’immense avantage de ne pas faire éclater le bois (voir les inconvénients des carvelles ci-dessus).

Dans les deux cas, on pré-perce le bordé et la membrure, pour éviter d’éclater le bois.

On pré-perce pour le clou ou la carvelle, et on pré-perce un peu plus large pour la tête du clou ou de la carvelle.

« Pourquoi pré-percer ? », ai-je demandé. « Le bordé que tu poses n’est pas tout à fait contre le bois, c’est le clou qui va l’y coller. Donc, si on pré-perce, quand on va clouer, ça va ramener le bordé et le serrer contre la membrure. Ça ne le fera pas si ce n’est pas pré-percé. »

On prévoit un peu plus profond que le clou (ou la carvelle) car celui-ci ne sera pas au bord du bois mais enfoncé d’environ 1 centimètre. Sinon, il serait en contact  avec l’eau et s’oxyderait très vite.

En-dessous de la ligne de flottaison, on étoupe la tête du clou (ou de la carvelle), avant de l’enfoncer complètement dans son trou. Cela assurera l’étanchéité du trou du clou.

Une fois le clou (ou la carvelle) posé, c’est-à-dire enfoncé d’environ 1 centimètre en retrait du bois, il faut impérativement boucher le trou avec un mélange de mastic de vitrier mélangé à du minium.

Encore 2 modèles de carvelles et la pièce de 2 € pour l'échelle...
Encore 2 modèles de carvelles et la pièce de 2 € pour l’échelle…

Bon, vous avez tout compris ?

Vous êtes au point pour venir donner un coup de main à Yann?

Allez, à la prochaine !

Ils ont « planché » sur le sujet – suite

…suite de l’article du 1er septembre

Les débuts ont été difficiles, fatigants, inquiétants, éreintants, démoralisants quand 2 jours de travail sont détruits par le passage d’un bateau à moteur qui a fait des vagues.

Mais heureusement, le bon samaritain est arrivé !!! Par un beau jour, un cycliste barbu et longiligne s’est approché. Nous lui avons raconté brièvement notre histoire.

Julien nous a expliqué qu’il a du temps à tuer, qu’il connaît le travail du bois dans les maisons et qu’il aimerait apprendre tout en donnant un coup de main… Le lendemain, armé de son sandwich et de quelques outils (le peu qui tient sur un vélo !), il est revenu. Il n’a pas fallu longtemps à Yann pour vérifier que Julien est un fameux compagnon, un travailleur acharné, soigneux et inventif.

Son aide, même si ce n’était que deux ou trois jours par semaine, a été précieuse. Cela a commencé pour un soutien psychologique qui est tombé à pic !

Grâce à Julien, la manutention des grosses pièces a été plus simple.

Julien lors de la manutention du beaupré (environ 800 kg)
Julien lors de la manutention du beaupré (environ 800 kg)

Julien a apporté aussi des idées et d’autres méthodes de travail, qui sont venues compléter celles de Yann.

Au fil des jours, un réseau de nouveaux copains et de curieux s’est formé. Certains sont devenus des habitués. Ils viennent voir l’avancement des travaux. Un jour, nous avons trouvé un pot de peinture sur le pont. Il a fallu plusieurs semaines pour savoir que c’était Eric qui nous avait fait ce cadeau ! Merci Eric !

Des petits coups de main sont arrivés : une demi-journée de peinture, un panier d’huîtres, une aide pour porter un gros morceau de bois, les copines Isabelle et Françoise qui viennent débarrasser les chutes de bois propres (ça leur fera du bois de chauffage dans une grosse année car il faut laisser sécher).

Et au bout de tout ça…

Roulement de tambour……………

Voilà !!!

2015 08 23 Campillo (1)

 

2015 08 23 Campillo (3)

Je me rends compte que je ne vous ai pas encore expliqué ce qu’est un barrot de pont.

Alors, c’est un morceau de… bois (vous aviez deviné ?) qui est perpendiculaire à l’axe du bateau, qui repose sur les préceintes et serre-bauquières, et qui assure le soutien du pont. On vient fixer dessus les « lattes de pont » (ce sur quoi on marche)

Pour aujourd’hui, je vous épargne les détails. Mais j’y reviendrai : la colle, les tiges filetées, la peinture, les carvelles, les clous, le ponçage, le rabotage, la méthode pour courber le bois, le pourrissement du bois, le mât de charge…

Juste un détail : les tiges métalliques, que vous voyez dépasser sur le côté,  traversent le bateau de part en part, sous le pont, et seront les fixations de cadènes plus tard.

tige filetée
tige filetée

Autant vous dire que si je n’ai pas écrit sur ce blog pendant tout ce temps, c’est que nous étions fort occupés. Car pendant que le Capitaine travaillait sur le bateau (environ 11 heures par jour, 6 jours par semaine), son matelot s’occupait du ravitaillement en matériaux de toutes sortes… euhhh aussi un peu des factures !

Yann et ses copains viennent de retourner le bateau pour commencer à faire l’autre côté !

Ensuite, quand le temps sera devenu trop mauvais, il faudra protéger le bateau pour l’hiver. Alors viendra le temps du travail à l’atelier pour préparer toutes les pièces nécessaires l’an prochain : lattes, chaumards, poulies, etc.

Au fait, vous vous souvenez des petits arbres à replanter dans la forêt ? Eh bien les voilà :

chênes et châtaigniers
chênes et châtaigniers

Allez, à bientôt.

Nota : merci à l’inconnu ou inconnue qui a offert un pied de basilic et des bidons d’huile et de liquide de refroidissement au camion ! Ce généreux ou cette généreuse se reconnaîtra !

Ils ont « planché » sur le sujet…

Depuis mi-juin, dès les premières belles journées, Yann a commencé les Grands Travaux ! Son bateau a bien besoin d’une cure de jeunesse !

C’est un travail de titan qu’il a entrepris : démonter des pièces et les remplacer. Ça peut sembler simple, mais quand le morceau fait 8 mètres de long… et qu’il est courbe…

Huuuuumm……… ça vous dit ?

Donc, il a commencé par la partie la plus fragilisée, ce qui a demandé beaucoup de soins et de précautions (dans les photos ci-après, vous verrez en orange tout ce qui est neuf, heureusement que les nouveaux miniums marins sont oranges comme les anciens, on les repère mieux) :

  • Installer un mât de charge pour hisser à bord tout ce qui est lourd, ou enlever le beaupré,
  • Amener les « plateaux » de bois, ces planches grossières qui font jusqu’à 8 mètres de long, 9 cm d’épaisseur, environ 50 cm de large, en chêne ou châtaigner – Yann les amène avec le camion, Jean-Claude et Eric l’aide à les descendre sur la cale, puis dans l’eau, et Yann les remorque une par une derrière le zodiac, jusqu’au ponton à côté du Campillo, où il faut alors les hisser. Eh oui, impossible de les emmener à pied par le ponton, trop lourdes, trop longues, trop larges.
  • enlever les cadènes, les taquets, les chaumards,

    un taquet noir et un chaumard jaune
    un taquet noir et un chaumard jaune
  • étayer (oui, comme dans une restauration de maison = merci Guy qui nous a donné 2 étais de maçon dont il n’avait plus besoin),
  • enlever tous les emménagements intérieurs (dont la moitié de la cuisine)
  • enlever le pavois, le plat de pont, la préceinte, la serre-bauquière,
  • enlever et remplacer une bonne partie des membrures (vous vous souvenez, les côtes du squelette – voir article précédent),
    avant-après
    avant-après

    2015 07 11 Campillo (4)

    Yann pose les premières nouvelles membrures
    Yann pose les premières nouvelles membrures
  • tailler, cintrer, raboter, poser, peindre, fixer une serre-bauquière 

    une serre-bauquière (pas encore peinte) et les nouvelles membrures (peintes au minium orange)
    une serre-bauquière (pas encore peinte) et les nouvelles membrures (peintes au minium orange)
  • puis une préceinte, 

    La première préceinte, en court d'ajustage, tenue par une série de serre-joints.
    La première préceinte, en court d’ajustage, tenue par une série de serre-joints.
  • renforcer les barrots de pont, en poser de nouveaux pour renforcer encore plus,
  • mettre une seconde préceinte au-dessus de l’autre, en croisant les bouts (une fait 8 mètres de long, celle du dessus fait 2 ou 3mètres de moins, ce qui fera se croiser toutes les pièces pour ne pas créer de zone de faiblesse)
  • découper et poser le plat de pont pour cette zone-là, avec de belles « clés » qui maintiennent les morceaux entre eux et leur interdiront de se disjoindre.
    une clef reliant 2 morceaux de plat de pont (je ne suis pas sûre que ce soit le terme académique !)
    une clef reliant 2 morceaux de plat de pont (je ne suis pas sûre que ce soit le terme académique !)

    le plat de pont, à droite, la peinture en train de sécher avant de le retourner et le poser définitivement sur la gauche
    le plat de pont, à droite, la peinture en train de sécher avant de le retourner et le poser définitivement sur la gauche
  • fabriquer et poser des pièces que le Campillo n’avait pas jusque-là : des sous-ponts, qui relient entre eux les anciens et les nouveaux barrots de pont. Il était impossible d’enlever les barrots de pont sans défaire tout le pont… Donc irréalisable à quai, il aurait fallu être « à sec », dans un chantier.
le sous-pont (là encore je ne sais pas si c'est le terme académique) n'est pas encore peint sur cette photo
le sous-pont (là encore je ne sais pas si c’est le terme académique) n’est pas encore peint sur cette photo
  • faire aussi de nouvelles pièces de soutien des taquets en réfléchissant bien aux écoulements des eaux de pluie pour éviter la stagnation de petites flaques, ce qui entraîne le pourrissement
  • changer quelques lattes de pont sur le bord

    quelques lattes de pont neuves - il reste à mettre le joint
    quelques lattes de pont neuves – il reste à mettre le joint

Tout ça en pestant régulièrement contre les bateaux à moteur qui passent trop vite et trop près du Campillo, qui hélas n’a de place qu’à l’extérieur du port. Ces bateaux créent sans vergogne des vagues importantes qui secouent tous les bateaux du port de Pen Mané. Les plus gros bateaux ne sont pas les plus dangereux ! Nous avons perdu du matériel à cause d’eux, une serre-bauquière a été cassée à cause des vibrations infligées par une série de vagues et Yann a été obligé de prendre mille précautions à cause de cela comme amarrer (attacher) tous les outils par exemple !

Je sais, nos outils sont vieux, mais nous en avons besoin !

 

…/… à suivre

Du bois qui forme un angle

Notre Capitaine préféré a encore scié des troncs d’arbres ! Nous commençons à penser qu’il aime ça… malgré le poids des « billes » de bois !

Mais il faut bien choisir le bois. Selon sa dureté, sa résistance, son poids, il n’aura pas la même utilisation.

Nous avons la chance d’avoir un petit terrain couvert d’arbres de toutes sortes dont certains étaient tombés lors de la tempête de 1987. Plusieurs d’entre eux n’étaient pas morts. Leurs branches ont recommencé à pousser vers le ciel en formant un beau coude bien solide.

Yann les a préservés lors du nettoyage de notre petit bout de forêt. Maintenant, il les coupe à la taille dont il a exactement besoin et nous les chargeons sur le camion pour les ramener vers le lieu où est installée la scie.

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Une grume courbe sur le camion

Ces bois naturellement courbés serviront pour faire de nouvelles membrures (nous en reparlerons) ou des renforts sous le pont. Notre capitaine veut faire « comme sur l’Hermione » qu’il admire tant.

Après passage à la scie, voici le résultat :

 

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Une autre grume courbe, passée à la scie en 9 cm d’épaisseur

Lors du sciage, il y a du déchet. Alors la sciure est donnée à un copain pour ses toilettes sèches, les dosses (la tranche de croute extérieure, en dessous de l’écorce) sont recoupées en bois de chauffage et un autre copain attend la sciure de hêtre pour fumer son poisson. Mais Yann garde précieusement la plus petite planche, ça peut toujours servir !

Pour faire des économies, nous avons cherché presque toutes les machines (grosses ou petites) sur le Bon Coin ou dans des trocs et puces. Nous avons aussi fait du troc. On nous en a également donné plusieurs, souvent vieilles, voire en mauvais état. Alors Yann les nettoie, les répare et parfois même les repeint pour les protéger d’une nouvelle oxydation. Prenez la scie ! Elle a des dizaines d’années… Voyez le résultat !

2015 06 02 Scie

Il n’y a que pour la peinture, la colle et les clous (et vis) que nous allons devoir payer le prix fort ! Bon, tant pis, nous mangerons encore un peu plus de châtaignes de notre coin de forêt !

Les premières serre bauquières

Bonjour !

L’hiver a été bien long et notre Capitaine a affronté le vent, le froid et la pluie…

Mais les beaux jours arrivent enfin et son long travail de mise au point porte ses fruits :

  • les arbres nécessaires ont été transportés vers la scie,
  • l’affûteuse de lames de scie ronronne,
  • la scie a été longuement testée et elle est désormais opérationnelle,
  • les planches commencent à s’accumuler,
  • la rabo-dégau, la déligneuse et le tour à métaux ont déjà rendu des services… ne serait-ce que pour préparer les pièces manquantes pour la scie,

Voici une photo des premières pièces qui seront très prochainement transportées vers le bateau pour remplacer des serre-bauquières. Elles font 9 cm d’épaisseur, sur 6 mètres de long. C’est du cyprès, comme on le faisait pour la Marine du Roi !

2015 05 05 Deux serre bauquières

L’équipage nous a aidés à démonter 2 tables et la banquette sur bâbord (gauche du bateau). Nous avons laissé ces morceaux démontés dans la bannette (lit) du même côté, afin de maintenir l’équilibre du bateau.

En effet, nous avons constaté, depuis que Yann a décidé d’enlever le mât, que le bateau roule beaucoup d’un bord sur l’autre… Comme un bouchon !

Et là, vous vous dites : « il ne tangue pas ? ». Si, il tangue aussi mais un bateau tangue d’avant en arrière et roule sur les côtés !

Ah, ces marins, quel vocabulaire !

Pendant que nous parlons de vocabulaire, qu’est-ce que les serre-bauquières ? Humm, voyons, imaginez que le bateau est un animal : il a une colonne vertébrale (la quille), des côtes comme nous (les membrures)… Mais en plus, il a un autre renfort au bout des côtes pour les tenir ensembles : les serre-bauquières (à l’intérieur) et les préceintes (à l’extérieur), en haut, juste sous le pont. C’est d’ailleurs là-dessus que les barrots de pont vont s’appuyer (ce sont les poutres qui supportent le pont). Bon, on reverra ça avec des photos.

De mon côté, les jours de pluies, j’ai fait des housses pour le treuil, la table et le pied de barre. Heureusement que les jours de pluies ont été nombreux car j’ai eu bien du mal ! Le résultat n’est pas beau mais terriblement efficace : plus une goutte d’eau ne passe ni le soleil. Cela protègera le métal et les lazures…. Vous pensiez que j’allais écrire « les vernis »… Mais il n’y en a pas sur le Campillo. Yann trouve que les lazures sont meilleur marché et qu’elles font le même effet !

Franchement, le Campillo n’est pas un yacht, comme dit Yann, alors il n’est pas nécessaire de faire dans la finesse ! C’est un bateau de pirates !

Coudre les tauds – Machine à coudre SAILRITE

AVANT : le treuil
AVANT : le treuil
APRES : le taud - Ce n'est pas très beau ? Je voudrais vous y voir ! Et puis c'est mon premier... et le plus biscornu !
APRES : le taud – Ce n’est pas très beau ? Je voudrais vous y voir ! Et puis c’est mon premier… et le plus biscornu ! Promis, les suivants seront bien plus jolis !!!

Remettre certaines parties du bateau en bon état, c’est une chose. Les préserver, c’en est une autre ! Alors là, on peut aider le capitaine ! En faisant des tauds, des housses, des prélars… ancien terme de marine.

J’ai donc fait un petit apprentissage, toute seule, avec des livres et internet.

Je savais déjà faire un peu de couture, et j’avais refait les housses des matelas du bateau.

Mais là, il fallait coudre du « lourd », de la grosse toile.

Nous avons trouvé un rouleau de toile à prix réduit parce que le vendeur ne savait plus qu’en faire ! Mais c’est du gris… nous aurions aimé du noir… On fera avec !

Il faut une toile anti UV. Le fil doit aussi être adapté : plus gros, un peu « suifé » ou siliconé, anti UV, tout comme les fermetures éclairs et les sangles.

Il restait à trouver la bonne machine à coudre.

Après avoir essayé un modèle des années 50 bien costaud, il s’est avéré que ce n’était pas suffisant. Nous avons aussi cherché sur le Bon Coin, sur internet, chez des professionnels. Mais c’était toujours trop cher ou pas adapté.

C’est finalement sur un forum de « voileux » que j’ai trouvé la bonne information.

La « SAILRITE » !

2015 01 15 Sailrite (3)

Costaud, simple, juste ce qu’il faut pour un bateau.

Elle est transportable, dans sa mallette, car il faut aussi bien pouvoir travailler à la maison que sur le bateau ou bien encore sur un ponton.

Il faut qu’elle fasse le point droit, avant et arrière, et le point zig-zag nécessaire pour les voiles et les pièces sous tension.

Je voulais pouvoir jouer sur la vitesse de couture, mais la plupart des machines de pro. ne sont pas réglables. La SAILRITE : si !

Eh bien, croyez-moi, il n’existe qu’une seule machine capable de faire tout ça. Elle est américaine, distribuée en Europe par SOLENT SEW (site : www.solentsew.co.uk). Il y a aussi un modèle moins cher qui ne fait que le point droit, mais ça ne correspond pas à mon besoin.

Certes, elle est un peu chère, mais elle en vaut vraiment le coup ! Elle prend 9 épaisseurs, ou 9 millimètres : c’est époustouflant.

Il y a des options intéressantes également.

Et puis il y a un CD qui explique plein de choses très utiles et très intéressantes : tous les couturiers amateurs y apprendront quelque chose.

Et j’A-DO-RE le site internet et le blog avant plein de tutos ! C’est génial.

Ah, j’ai oublié de vous dire : ne la cherchez pas d’occasion ! Quand on en a une, on ne la revend pas ! Il n’y en a jamais d’occasion ! Mais vraiment, elle vaut le coup de faire des économies pour acheter une toute neuve.

Et chez SOLENT SEW, ils sont super pros, rapides et vraiment sympas.

On peut l’utiliser aussi pour la couture de « ménagère », mais comme j’avais déjà la machine de ma grand-mère et une machine des années 80, je garde la SAILRITE et ses réglages pour le gros travail. Yann louche dessus pour faire la sellerie de ses vieux véhicules !

A l'oeuvre dans l'atelier couture
A l’oeuvre dans l’atelier couture

Joyeux Noël !

 

Yann et son équipage Isa, Yvon, Jean-Claude et tous les équipiers d’un jour , vous souhaitent de Joyeuses Fêtes et une Bonne Année 2015 !!!

Carte de voeux  2014

 

En novembre, nous avons commencé à ramener des morceaux de troncs que Yann a préparés. Ce seront de futures planches. Nous commençons par des petits pour tester le matériel que Yann a installé sur le camion : treuil, vérin hydraulique, chèvre fixe (cette dernière est à modifier).

 2014 11 30 Arrivée des premières petites grumes (1)

La semaine suivante, le Capitaine a décidé de faire un petit carénage : gratter les moules (et non les arracher) puis calfater un peu. Yann nous a appris que, pour une coque en bois, il ne faut surtout pas arracher les moules qui se sont installées sur la coque. En effet, les petits filaments avec lesquels elles s’accrochent sont très puissants. Faites le test sur les rochers, c’est costaud ! Alors, si on tire sur les moules installées sur la peinture et le calfatage… eh bien elles emmènent tout avec leurs filaments. Et on se retrouve avec des trous dans la coque ! Alors il fallait « gratter », avec des sortes de spatules qui coupent les filaments. Ensuite, il fallait inspecter la coque et faire quelques réparations de calftat. Mais nous avons eu la bonne surprise de voir qu’il n’y en avait pratiquement pas.

Cela a permis que Yann prenne la décision de ramener son bateau à Pen Mané au bout d’une journée seulement.

Je ne vous ai pas dit le meilleur ! Nous avions demandé l’aide de 3 amis pour gratter la coque au petit matin. Quand nous sommes arrivés au bateau où Yann avait passé la nuit, quelle ne fut pas notre surprise de constater que toutes les moules étaient déjà par terre (au bas mot 1 tonne). Yann avait passé une bonne partie de la nuit, seul, à gratter les moules à la lueur de son projecteur !!!

 2014 12 06 Grattage des moules et petit calfatage (4)

Le démâtage était programmé pour la semaine suivante. Pourquoi démâter maintenant ? Eh bien parce que ça nous permet de mieux bâcher le pont pour passer l’hiver et puis pourquoi faire demain ce qu’on peut faire aujourd’hui ? C’est toujours ça de fait !

Pour ce faire, nous avons dressé la liste de toutes les tâches à accomplir, des matériaux nécessaires, des personnes qui pourraient nous aider : il nous faut des gilets de sauvetage, le camion avec le porte-grumes pour le mât de 20 mètres, des cibi (si j’écris CB on pense à la carte bleue), de quoi abreuver nos amis et leur redonner des forces, des sangles, un moteur hors-bord emprunté à Jean-Claude, et plein d’autres choses.

Ce sera l’occasion pour Guillaume de faire ses premières armes sur le Campillo,  pour voir si sa jeunesse s’accommode des vieilles planches !2014 12 13 Le démâtage (65)

 Nous avons un copain (Dédé) qui travaille chez SOTRAMA et qui est venu avec une de leurs grues (50 tonnes) pour lever le mât. Il a donc tout d’abord fallu faire un dossier en bon et due forme.2014 12 13 Le démâtage (8)

Immédiatement après, nous avons écrit à la Capitainerie du Port de Commerce de Lorient pour demandeé l’autorisation d’utiliser un de leurs quais pendant 2 heures. Nous avons reçu un excellent accueil de la part de ces personnes compétentes. En effet, il nous faut beaucoup d’espace car le mât fait 20 mètres, incluant le nid de pie et le flèche. 

Donc, le shopping de Noël, les vins chauds dans les marchés de Noël, le thé auprès de la cuisinière bien chaude, le tricot au pied du sapin… Pfffftttttt, rien !

 Le lundi, Yann a entrepris le démontage des feux de navigation, antenne VHF, antenne de radar, etc. Tout ce qui est dans la mâture mais qui ne sert pas à la maintenir. Isa a aidé à transporter tout cela et d’autres choses devenues inutiles mais qui sont encombrantes (radeaux de survies, cordages en stock…) pour les emmener à l’atelier. Ces choses auraient gêné Yann pendant les travaux. Nous continuons ainsi à faire le vide dans le bateau. 

 Vendredi, Yann et Jean-Claude ont démonté tous les feux, une partie des bastaques, les radars et autres détails dans la mâture. 2014 12 12 Jean Claude participe au démontage) (2)

Ils ont également préparé le zodiac avec son hors-bord.

 Et le grand jour est arrivé. Samedi matin, Yann, Yvon et Jean-Claude avaient rendez-vous à la Capitainerie du Port de Commerce pour prendre leurs badges d’accès au quai. Christiane et Michèle s’étaient finalement jointes à eux.

De notre côté, Hélène, Isabelle, Mous, Guillaume et moi avions rendez-vous au bateau pour le préparer à la manœuvre. Isa devait aussi prendre le zodiac pour aller chercher Yann au quai, en face, où il venait de laisser son camion.

Quand elle a ramené Yann, il n’avait plus qu’à mettre le moteur en route et larguer les 2 amarres en double. Nous avons traversé la rade sans problème et nous nous sommes amarrés au quai dit des 150 m (celui des paquebots !!!). Le Grand Dédé a alors amené la grue de 50 tonnes de la SOTRAMA. Et tout s’est très bien déroulé : Dédé a préparé sa grue dans les règles de l’art, Yann a préparé ses élingues, Mous et Guillaume ont largué les dernières bastaques. Dédé a alors hissé le mât tout doucement, comme une fleur et l’a déposé sur le quai.

Je sais, vous vous dites que les couleurs sont bizarres... mais c'est qu'il ne faisait pas encore vraiment jour !
Je sais, vous vous dites que les couleurs sont bizarres… mais c’est qu’il ne faisait pas encore vraiment jour !

2014 12 13 Le démâtage (50)

Mous et Jean-Claude ont amené le triqueballe, Dédé a descendu l’avant du mât pour qu’il commence à se coucher sur le triqueballe. Yann a amené le camion sous l’avant de ce mât. Il restait alors à démonter le nid de pied, le flèche. Tous nos hommes ont ensuite attachés les câbles et cordages restant autour du mât.

2014 12 13 Le démâtage (34)

Il a encore fallu ramener le Campillo à sa place habituelle et c’est notre ami Rolland de la Capitainerie qui nous a ramenés au camion.

2014-12-13 10.20.16

Le convoi était formé de Jean-Claude à l’avant, le camion au milieu et Yvon derrière, chaque véhicule ayant des gyrophares.

Et nous sommes allés ainsi jusque chez Hélène. Le mât devrait passer là des mois, au sec.

Hélène nous a réchauffés d’un bon café, car il faisait quand même froid sur la rade en ce petit matin de décembre !

 

Les poulies

Poulies ovales
Poulies ovales

Les poulies !

Voici une belle photo de poulies que Yann a fabriquées. Il a également fabriqué des poulies rondes, plates… Mais celles-ci sont particulièrement jolies. Sur ce type de bateau, il y en a beaucoup, elles servent à… euh…

« Yann, à quoi elles servent tes poulies ovales ? 

–          Elles peuvent servir à tout !

–          Hum, oui, mais plus particulièrement ?

–          Le fait qu’elles soient ovales permet de ne pas accrocher pendant les manœuvres. Elles risquent moins de se prendre dans un cordage. Je ne les utilise que pour les 3 voiles d’avant. Etant donné qu’on peut naviguer avec les 3 voiles hissées en même temps, c’est plus fluide pendant les manœuvres.

–          Et tu avais vu ça sur quel bateau ?

–          Je ne l’avais pas vu, j’y ai pensé tout seul. Je ne sais pas si ça existe ailleurs. En plus, c’est facile à fabriquer pour moi : l’estrope (câble qui l’encercle) est plus facile à tordre et à poser. On en a 12 à poste quand on navigue. Les autres sont en stock en poulies volantes en cas de besoin.

–          Ah oui, comme bien souvent, tu te simplifies la vie et tu trouves un bon prétexte pour te justifier !!! Remarques, pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?!!! Bon, mais est-ce que c’est aussi solide ?

–          Oui, pas de problème. Nous n’utilisons que ces poulies-là pour les écoutes des 3 voiles depuis des années. »

En tout cas, elles me plaisent bien, ses poulies faites maison ! Tailler le bois, fixer le réa, faire une épissure dans le câble, protéger le métal avec un cordage fin, le peindre en noir pour le protéger… et voilà. Plus facile à dire qu’à faire !

Grand moment d’émotion

Un événement historique pour nous c’est produit le 27 mai : pour la première fois depuis 1963, un membre de la famille Campillo qui avait navigué à bord est venu revoir le bateau !

Les 2 marins montent à bord : le capitaine Yann et le matelot Armand !
Les 2 marins montent à bord : le capitaine Yann et le matelot Armand !

Armand Campillo, jeune homme de 19 ans en 1962, fut embarqué sur le « Manuel Campillo » avec 30 autres personnes, afin d’être mis à l’abri de la guerre et rapatriés en métropole.

C’est le 27 mai 1962 que le bateau et toutes les personnes embarquées à Beni-Saf arrivent à Port-Vendres.

Ensuite, Armand deviendra matelot et fera aussi la pêche à bord.

C’est donc le 27 mai 2014 qu’Armand a souhaité renouer le contact avec le bateau.

Ce fut un grand moment d’émotion pour tous.

Armand, après tant d’années, a été ému au-delà des mots, comme on peut le comprendre sans que je l’explique.

Yann, a été ému également, de retrouver quelqu’un qui puisse lui raconter la « naissance » et les premières années de vie de son cher bateau.

Armand a fait un dessin pour indiquer à Yann quelle était la configuration du pont du temps où il était à la pêche. Et il a bien confirmé qu’une voile était utilisée pour rentrer au port plus vite que les autres !

Les deux marins sur le pont

Armand nous a donné bien d’autres détails, petits et grands. Pourtant, ces détails sont tous très importants aux yeux de Yann.

Cela nous permet de reconstituer la vraie histoire du bateau.

Si Armand a été, au tout premier regard, un peu déçu de ne pas retrouver « son bateau » tel qu’il l’avait connu autrefois, nous pensons que nous l’avons rassuré sur le fait que le bateau est bien vivant.

Bien sûr, il n’est plus adapté à la pêche. Mais Yann et sa famille lui ont donné une autre vie, celle de domicile familial. Maintenant, le « Campillo » a une vie de plaisirs offerts aux enfants, de 7 à 77 ans, avec son apparence et son équipage « pirates ».

Armand voudrait naviguer à nouveau sur le « Campillo », mais cela ne sera sans doute pas possible cette année.

 

Le treuillage d’un chêne

Un chêne !
Un chêne !

Voilà la coupe d’un chêne qui nous fournit une grume (morceau de tronc) de 13 mètres de long. Notre capitaine a bataillé pendant 3 heures avec son treuil pour ramener ce tronc sur le chemin. Depuis, les branches ont été enlevées et la plupart d’entre-elles sont déjà détaillées et mises en tas à sécher, pour faire du bois de chauffage dans 2 ans.

Certaines belles branches feront quand même des planches ou des tasseaux !

Nous avons trouvé sur LE BON COIN des palans à chaîne pour un bon prix et aussi un cric forestier. Tout cela permet à Yann de déplacer ses grosses pièces de bois, sans aide et en toute sécurité.

Toutefois, Yann a perdu ses plus grosses machines à bois : je vous épargne les tristes détails. Il va falloir en trouver d’autres et les installer, donc les travaux du Campillo ne seront pas faits cette année. Tout au mieux seront-ils commencés.

N’oubliez pas d’aller voir nos pages « Capitaine » ou « Caractéristiques du bateau » ou encore « les 4 vies du Campillo » pour voir le bateau…

Les douglas

L’équipage permanent (Yvon et Jean-Claude) a permis le transport des grumes de douglas vers l’atelier où se trouve la scie. Il a fallu deux journées de dur travail dans un terrain pentu et peu accessible pour regrouper les grumes, puis une journée de transport.

 

L'équipage travaille dur pour préparer la remise en état de naviguer du bateau
L’équipage travaille dur pour préparer la remise en état de naviguer du bateau

 

Actuellement, le Capitaine installe sa scie, ce qui prend beaucoup de temps. Il a fallu creuser une fosse, poser du métal pour armer le béton, coffrer, couler le béton. Au moment où j’écris ces quelques lignes, le béton sèche ! Pendant ce temps, Yann prépare son triqueballe, mais il préfère l’appeler un « trimballe »… Cela permettra de ramener de longs troncs d’arbres.

 

La scie

Si vous avez déjà lu nos précédents articles, vous savez que nous avons besoin de bois pour faire les prochains travaux. Mais nous n’avons pas le budget pour aller acheter les planches et les poutres chez les marchands.

Quand on n’a pas les moyens d’acheter et quand on a encore la santé, il reste à se relever les manches et à faire soi-même. Et ça, nous savons faire !

Alors, comme le bois vient des arbres… il faut d’abord trouver des arbres… Et si on suit le cheminement nécessaire de l’arbre à la pièce de bois installée dans le bateau, il faut :

–          l’arbre sur pied : nous avons acheté un hectare de bois en Centre-Bretagne parce que ça ne coûte pas trop cher (l’ensemble du terrain et des frais de notaire équivaut à l’achat du volume de 2 beaux arbres détaillés chez le marchand). Nous avons défriché ce terrain non entretenu depuis des années. Il y a des arbres qui étaient tombés en 1987 et donc le bois est maintenant bien sec pour nous chauffer et faire la cuisine dans la cuisinière en fonte… hum le moelleux d’un gâteau cuit dans un four en fonte…. Gâteau aux châtaignes ramassées dans notre bois.

–          la tronçonneuse pour abattre les arbres… Et là, vous vous dites ! mais ils ne vont quand même pas raser la forêt !? Eh bien non ! D’abord, Yann n’abat que 4 ou 5 arbres pour son travail sur le bateau, et le reste est déjà tombé pendant la tempête de 1987. En plus, parmi ces derniers, il y en a qui se sont couchés mais qui ne sont pas morts ! Alors, certaines branches ont repris leur pousse vers le ciel, ce qui donne de beaux angles au bois, très utiles pour le bateau !!! On ne pouvait pas rêver mieux. Mais vous verrez cela quand nous les utiliserons. Et puis, j’ai ramassé soigneusement des châtaignes et des glands à peine germés. Yann les a amoureusement plantés et arrosés, chouchoutés, replantés… et nous voici avec une nurserie d’une soixantaine de jeunes arbres… dans notre grenier, pour le moment !

La nurserie
La nurserie

–          le treuil pour tirer les troncs vers le chemin : Yann l’a fabriqué et motorisé. L’autre jour, il a voulu l’utiliser sans le décrocher de la voiture… eh bien le treuil s’est treuillé lui-même tout en emmenant avec lui la voiture ! Alors notre ingénieur (Yann) a mis un système de pattes pour qu’il ne bouge plus !

–          le camion ou la remorque pour les transporter : Yann a remis son camion en excellent état et nous avons un grand succès ! Vous avez vu des photos ? Là encore, il ne faut que beaucoup de courage et de savoir faire. Car ce n’était qu’un tas de rouille sans moteur ni benne… Avec des grands trous partout…

–          la scie à grumes… ou scie de scierie… Ah ! la scie… Quelle histoire ! Je vais vous raconter ça.

Nous avons trouvé une vieille scie à grumes… vers Bergerac. Nous n’avions plus qu’à nous débrouiller pour la démonter et la transporter et la remonter ! Pufffffff, facile !!!! Euh… c’est-à-dire qu’elle a 17 mètres de rail, 3,50 mètres de haut, qu’elle pèse au moins 1 tonnes et demie… Tout ça dans une bonne ferraille bien épaisse, un peu oxydée mais pas rouillée. Après y être allé une première fois pour tout démonter et tenter de la ramener sur une remorque moderne, le matériel que Yann avait loué s’est révélé trop faible pour ramener tout ça. Alors la scie est restée chez le généreux donateur… pendant quelques mois d’hiver et d’intempéries.

La scie nous a attendus
La scie nous a attendus

Et nous avons décidé d’aller la chercher sans louer à nouveau (trop cher)… Donc, nous avons décidé d’essayer de le faire avec le vieux camion U23 et une bonne remorque… elle aussi fabriquée par Yann.

Franchement, nous n’étions pas tout à fait sûrs qu’un seul tour suffirait et nous ne savions pas le temps qu’il nous faudrait pour faire les 600 km à vide, et encore moins les 600 km de retour, chargés. Alors j’avais prévu 5 jours. Nous sommes partis avec les duvets, un énorme sac pour les pique-niques, des vêtements bien chauds et un livre des cartes routières… ben oui, vous croyez qu’on a un GPS dans ce camion ?!

Ce camion  se démarre à la manivelle, il n’a pas de chauffage, il n’a pas de ceintures de sécurité, il a un siège qu’il faut enlever à chaque fois qu’on veut faire le plein ! Et quand on est sur le siège, on est comme juché sur un tabouret de bar… sauf que ça bouge en permanence et que ça suit les cahots de la route… Le bruit est tel qu’une vraie discussion est impossible… Ne songez même pas à un autoradio !

Et la direction n’est pas assistée mais il faut insister ! Ca ne tourne pas sur place comme les voitures d’aujourd’hui !

Finalement, il ne nous a fallu que 10 heures pour aller ! Nous avons trouvé une chambre d’hôtes avec un très grand parking clos pour la nuit un peu avant Bergerac où nous avons été royalement accueillis.

La pièce principale de la scie, couchée dans la benne du camion
La pièce principale de la scie, couchée dans la benne du camion

Le lendemain matin, Yann et le généreux donateur ont chargé les différents éléments sur le camion et sur la remorque.

Le camion chargé, prêt à partir
Le camion chargé, prêt à partir

Et nous avons pris le chemin du retour à 13H00. Arrivés à Libourne, nous nous sommes concertés : finalement le camion roulait bien ! On pourrait peut-être rentrer à Lorient directement… Bon, on allait s’arrêter à Rochefort (ville que je chéris par-dessus toutes) pour le dîner et pour le café. Et on ferait le point. J’espérais secrètement qu’on passerait une nuit à Rochefort et qu’on reprendrait la route le lendemain matin. Mais nous ne nous sentions pas fatigués et nous avons rencontré un monsieur d’Amiens et son fils qui nous ont distraits un moment par leur discussion. Ils nous ont redonné de l’énergie et nous avons décidé de reprendre la route… Au fil des heures, je remettais des couches supplémentaires de vêtements en polaire, le bonnet, les gants… mais je n’ai pas eu trop froid. J’ai surtout eu envie de dormir mais c’est totalement impossible dans ce camion ! Nous sommes arrivés au bout de 12 heures de route…

Le plus dur, ce fut de s’endormir : nos oreilles sifflaient dans le silence de la nuit… Un peu sonnées par le bruit du moteur…

Nous sommes rentrés, heureux de l’aventure, Yann fier de son camion et moi fière de mon mari !

Prochaine étape : installer la scie. Il faudra sceller des supports. Pour cela Yann utilisera les pierres qu’il a démontées et descendues lui-même du toit de notre maison, quand nous avons démoli la cheminée. Avec nous : rien ne se perd !

Je sais, il n’y a beaucoup d’eau salée, dans tout ça… Mais se sont des étapes nécessaires pour restaurer et entretenir un vieux gréement, quand on a un revenu tout à fait normal.

Un poêle pour avoir chaud !

Le Capitaine a installé un poêle pour que nous ayons chaud l’hiver ! Et il l’a immédiatement testé en y faisant chauffer la bouilloire anglaise, celle qui siffle dès que l’eau boue.

Au bout de 5 minutes, l’eau était chaude et le café fumait !

Je me demande si ça ne va pas devenir un salon flottant !

A l'intérieur d'un voilier en bois, on trouve souvent un poêle à bois !
A l’intérieur d’un voilier en bois, on trouve souvent un poêle à bois !

Voici le poêle du bateau ! Presque aussi jeune que les membrures…

Sur le pont
Sur le pont

Et voici la cheminée, qui n’est installée qu’à quai ou au mouillage et qu’on enlève lors des navigations. Vient alors se visser à la place un nâble qui bouche le trou.

Voilà, ça fume !!!

par une grise journée en rade de Lorient
par une grise journée en rade de Lorient

Le bateau est en hivernage

La deuxième sortie au profit de la SNSM, le 30 juin 2013 - photo de notre ami PYF
La deuxième sortie au profit de la SNSM, le 30 juin 2013 – photo de notre ami PYF

Le Capitaine a décidé de faire une cure de jeunesse à son bateau.

Pour cela, nous avons commencé par désarmer le bateau. Nous avons remisé les voiles, la barre à roue et la cloche dans le grenier, bien à l’abri.

Nous avons ensuite bâché autant que possible le pont et la corne… Hum, qu’est-ce que c’est qu’une corne ? Eh bien, c’est ce « bout de bois » (espar), horizontal, relié à un bout au mât, et le long duquel la grand’voile est amarrée (attachée). Quand on veut hisser la grand’voile, on hisse cette corne qui va ainsi soulever et soutenir la voile.

Sur la photo, là, le capitaine est debout sur la corne, hissée en haut du mât !!!

Le capitaine l’utilise aussi comme support pour la grande bâche qui protège le pont.

Tout l’hiver, nous le passons à préparer le bois et les machines pour les futurs travaux. Nous espérons abattre les quelques chênes nécessaires au mois de février.

Et le second du capitaine (la pirate en jupon) ouvre ce nouveau site pour vous raconter la vie du bateau au fil des mois !

Alors, à très bientôt !!!

Bonjour !

Le blog du bateau « Manuel Campillo » est en cours de création.

Vous y trouverez des informations sur les activités récentes sur la vie du bateau et de son équipage.

Le 2 juin 2014 – Bouée d’Oxygène – Une sortie au profit des enfants malades de l’hôpital de Lorient, organisée par Mickaël Legall et la SNSM Pays de Lorient