Archives pour la catégorie Connaître un vieux gréement

Carvelle ou pointe ?

Bonjour !

Il ne s’est pas passé grand’chose cet hiver sur le bateau… Bon, on a bien eu une ou deux petites grosses tempêtes, on a cramé les batteries qui assurent l’alimentation de la pompe, Yann a installé une pompe à bras sur le pont… bref, la routine.

Du coup, je vais tenir une de mes promesses : vous parler des carvelles.

La carvelle est une sorte de clou carré. Bien sûr, les marins ne faisant les choses comme tout le monde, leurs clous ne sont pas ronds !

Plus sérieusement, le capitaine m’a expliqué les spécificités des carvelles par rapport aux clous.

En fait, la carvelle n’est pas carrée, mais rectangulaire.

En haut, la carvelle sur le côté le moins large

Maintenant, la carvelle vue sous son profil le plus largeMaintenant, la carvelle vue sous son profil le moins large = la tranche.

Le plus fréquemment, la carvelle est en acier galvanisé à chaud (ça ne rouille pas).

une carvelle plus longue, vue sur 2 côtés
une carvelle plus longue, vue sur 2 côtés

carvelle 2

Il y a toutes les tailles.

Quand elle est en bronze, c’est pour un yacht… Nous, on est dans le bateau de travail, c’est plus rustique ! Les yachts sont généralement en bois exotique (c’est moins lourd et plus joli). Dans le chêne, la carvelle en bronze se tordrait car elle buterait sur des nœuds (il n’y en a pas dans les bois exotiques) et elle serait déviée par le fil du bois. Dans le bois exotique, on ne risque pas d’être en « contre-fil ».

L’inconvénient, c’est qu’on n’en trouve pas facilement, il faut commander et c’est assez cher.

L’avantage : elle accroche mieux, elle tient mieux dans le bois.

Elle peut cependant faire éclater le bois, même entre les mains du meilleur charpentier de marine ! Pourquoi : elle a un sens, à cause de sa forme rectangulaire ! Donc, c’est une sorte de « coin », elle « écarte » les fibres du bois.

Le bout de la carvelle peut partir en « spatule », c’est-à-dire être plus large à la pointe, qui n’est pas un cône, mais un coin. Il faut l’utiliser à l’horizontale par rapport au fil du bois, le coin se trouvant perpendiculaire au fil du bois. Sinon, il écarte le bois et l’éclate.

Le clou : c’est une pointe normale comme vous les connaissez tous, mais plus grosse et surtout, en acier galvanisé.

On le trouve facilement, un peu partout.

Les clous ronds ont l’immense avantage de ne pas faire éclater le bois (voir les inconvénients des carvelles ci-dessus).

Dans les deux cas, on pré-perce le bordé et la membrure, pour éviter d’éclater le bois.

On pré-perce pour le clou ou la carvelle, et on pré-perce un peu plus large pour la tête du clou ou de la carvelle.

« Pourquoi pré-percer ? », ai-je demandé. « Le bordé que tu poses n’est pas tout à fait contre le bois, c’est le clou qui va l’y coller. Donc, si on pré-perce, quand on va clouer, ça va ramener le bordé et le serrer contre la membrure. Ça ne le fera pas si ce n’est pas pré-percé. »

On prévoit un peu plus profond que le clou (ou la carvelle) car celui-ci ne sera pas au bord du bois mais enfoncé d’environ 1 centimètre. Sinon, il serait en contact  avec l’eau et s’oxyderait très vite.

En-dessous de la ligne de flottaison, on étoupe la tête du clou (ou de la carvelle), avant de l’enfoncer complètement dans son trou. Cela assurera l’étanchéité du trou du clou.

Une fois le clou (ou la carvelle) posé, c’est-à-dire enfoncé d’environ 1 centimètre en retrait du bois, il faut impérativement boucher le trou avec un mélange de mastic de vitrier mélangé à du minium.

Encore 2 modèles de carvelles et la pièce de 2 € pour l'échelle...
Encore 2 modèles de carvelles et la pièce de 2 € pour l’échelle…

Bon, vous avez tout compris ?

Vous êtes au point pour venir donner un coup de main à Yann?

Allez, à la prochaine !

Les premières serre bauquières

Bonjour !

L’hiver a été bien long et notre Capitaine a affronté le vent, le froid et la pluie…

Mais les beaux jours arrivent enfin et son long travail de mise au point porte ses fruits :

  • les arbres nécessaires ont été transportés vers la scie,
  • l’affûteuse de lames de scie ronronne,
  • la scie a été longuement testée et elle est désormais opérationnelle,
  • les planches commencent à s’accumuler,
  • la rabo-dégau, la déligneuse et le tour à métaux ont déjà rendu des services… ne serait-ce que pour préparer les pièces manquantes pour la scie,

Voici une photo des premières pièces qui seront très prochainement transportées vers le bateau pour remplacer des serre-bauquières. Elles font 9 cm d’épaisseur, sur 6 mètres de long. C’est du cyprès, comme on le faisait pour la Marine du Roi !

2015 05 05 Deux serre bauquières

L’équipage nous a aidés à démonter 2 tables et la banquette sur bâbord (gauche du bateau). Nous avons laissé ces morceaux démontés dans la bannette (lit) du même côté, afin de maintenir l’équilibre du bateau.

En effet, nous avons constaté, depuis que Yann a décidé d’enlever le mât, que le bateau roule beaucoup d’un bord sur l’autre… Comme un bouchon !

Et là, vous vous dites : « il ne tangue pas ? ». Si, il tangue aussi mais un bateau tangue d’avant en arrière et roule sur les côtés !

Ah, ces marins, quel vocabulaire !

Pendant que nous parlons de vocabulaire, qu’est-ce que les serre-bauquières ? Humm, voyons, imaginez que le bateau est un animal : il a une colonne vertébrale (la quille), des côtes comme nous (les membrures)… Mais en plus, il a un autre renfort au bout des côtes pour les tenir ensembles : les serre-bauquières (à l’intérieur) et les préceintes (à l’extérieur), en haut, juste sous le pont. C’est d’ailleurs là-dessus que les barrots de pont vont s’appuyer (ce sont les poutres qui supportent le pont). Bon, on reverra ça avec des photos.

De mon côté, les jours de pluies, j’ai fait des housses pour le treuil, la table et le pied de barre. Heureusement que les jours de pluies ont été nombreux car j’ai eu bien du mal ! Le résultat n’est pas beau mais terriblement efficace : plus une goutte d’eau ne passe ni le soleil. Cela protègera le métal et les lazures…. Vous pensiez que j’allais écrire « les vernis »… Mais il n’y en a pas sur le Campillo. Yann trouve que les lazures sont meilleur marché et qu’elles font le même effet !

Franchement, le Campillo n’est pas un yacht, comme dit Yann, alors il n’est pas nécessaire de faire dans la finesse ! C’est un bateau de pirates !

Les poulies

Poulies ovales
Poulies ovales

Les poulies !

Voici une belle photo de poulies que Yann a fabriquées. Il a également fabriqué des poulies rondes, plates… Mais celles-ci sont particulièrement jolies. Sur ce type de bateau, il y en a beaucoup, elles servent à… euh…

« Yann, à quoi elles servent tes poulies ovales ? 

–          Elles peuvent servir à tout !

–          Hum, oui, mais plus particulièrement ?

–          Le fait qu’elles soient ovales permet de ne pas accrocher pendant les manœuvres. Elles risquent moins de se prendre dans un cordage. Je ne les utilise que pour les 3 voiles d’avant. Etant donné qu’on peut naviguer avec les 3 voiles hissées en même temps, c’est plus fluide pendant les manœuvres.

–          Et tu avais vu ça sur quel bateau ?

–          Je ne l’avais pas vu, j’y ai pensé tout seul. Je ne sais pas si ça existe ailleurs. En plus, c’est facile à fabriquer pour moi : l’estrope (câble qui l’encercle) est plus facile à tordre et à poser. On en a 12 à poste quand on navigue. Les autres sont en stock en poulies volantes en cas de besoin.

–          Ah oui, comme bien souvent, tu te simplifies la vie et tu trouves un bon prétexte pour te justifier !!! Remarques, pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?!!! Bon, mais est-ce que c’est aussi solide ?

–          Oui, pas de problème. Nous n’utilisons que ces poulies-là pour les écoutes des 3 voiles depuis des années. »

En tout cas, elles me plaisent bien, ses poulies faites maison ! Tailler le bois, fixer le réa, faire une épissure dans le câble, protéger le métal avec un cordage fin, le peindre en noir pour le protéger… et voilà. Plus facile à dire qu’à faire !

Le bateau est en hivernage

La deuxième sortie au profit de la SNSM, le 30 juin 2013 - photo de notre ami PYF
La deuxième sortie au profit de la SNSM, le 30 juin 2013 – photo de notre ami PYF

Le Capitaine a décidé de faire une cure de jeunesse à son bateau.

Pour cela, nous avons commencé par désarmer le bateau. Nous avons remisé les voiles, la barre à roue et la cloche dans le grenier, bien à l’abri.

Nous avons ensuite bâché autant que possible le pont et la corne… Hum, qu’est-ce que c’est qu’une corne ? Eh bien, c’est ce « bout de bois » (espar), horizontal, relié à un bout au mât, et le long duquel la grand’voile est amarrée (attachée). Quand on veut hisser la grand’voile, on hisse cette corne qui va ainsi soulever et soutenir la voile.

Sur la photo, là, le capitaine est debout sur la corne, hissée en haut du mât !!!

Le capitaine l’utilise aussi comme support pour la grande bâche qui protège le pont.

Tout l’hiver, nous le passons à préparer le bois et les machines pour les futurs travaux. Nous espérons abattre les quelques chênes nécessaires au mois de février.

Et le second du capitaine (la pirate en jupon) ouvre ce nouveau site pour vous raconter la vie du bateau au fil des mois !

Alors, à très bientôt !!!