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C’est reparti !

Eh voilà, Yann a repris le travail sur le côté tribord !

Cette fois, il ne travaille pas du côté du quai. En effet, il aurait fallu retourner le bateau, proue au nord (c’est à peu près le nord), poupe côté sud, c’est à dire exposée aux vagues.

démontage de l'avant tribord
démontage de l’avant tribord

Toujours victime des marins du dimanche et des irresponsables qui créent des vagues dans la rade, les coups répétés sous le tableau arrière auraient pu fragiliser le bateau.

En deux semaines, Yann a déjà changé au moins une douzaine de membrures.

Vous voyez les premières nouvelles membrures sur ces photos.2016 07 14 Campillo membrures 3 2016 07 14 Campillo membrures 2

Julien est revenu des Etats-Unis pour quelques jours et donne à nouveau un coup de main appréciable.

Les bons amis passent saluer Yann régulièrement. C’est un bon soutien moral très apprécié.

Transport d’un châtaignier

Il y a quelque temps, des amies nous ont aidés pour transporter un châtaignier depuis notre petit coin de forêt jusqu’au lieu de sciage. C’est assez long et compliqué, mais nous n’avons pas besoin de le faire trop souvent. Il n’a fallu jusque-là que 4 arbres !

2015 09 06 Les filles au bois (8)

Ces troncs font entre 10 et 13 mètres de long !

Il faut 2 à 3 heures d’efforts et de précautions pour en charger un sur le camion et le « porte-grume »… que Yann appelle également « trimbale »… parce qu’il l’a inventé ! Sans savoir que les « anciens » utilisaient ça depuis belle lurette sous le drôle de nom de « triqueballe ».

Yann a eu la bonté (euhhh ????) d’y ajouter un volant pour que je puisse aider dans les virages trop serrés, comme il y en a un à la sortie de notre chemin.

On me voit, juchée dessus, en train de me demander si je vais y arriver ! Le casque, le blouson de cuir et l’écharpe blanche ne sont pas nécessaires à la manoeuvre !!! C’est seulement l’effet d’un délire de nos copines qui m’avaient imaginée comme dans les dessins animés, genre Scoubidou, avec les lunettes d’aviateurs sur le nez !!!

Heureusement, le chemin jusqu’à la scie n’est pas très long. Mais Yann a tout de même prévu toutes les sécurités : plaque avec les feux stop etc, panneau blanc et rouge pour marquer l’arrière, gyrophares sur le triqueballe et sur le camion, freins costauds sur le triqueballe…

Bon, ces jours-ci, le sciage reprend pour la nouvelle saison de travaux !

Ils ont « planché » sur le sujet…

Depuis mi-juin, dès les premières belles journées, Yann a commencé les Grands Travaux ! Son bateau a bien besoin d’une cure de jeunesse !

C’est un travail de titan qu’il a entrepris : démonter des pièces et les remplacer. Ça peut sembler simple, mais quand le morceau fait 8 mètres de long… et qu’il est courbe…

Huuuuumm……… ça vous dit ?

Donc, il a commencé par la partie la plus fragilisée, ce qui a demandé beaucoup de soins et de précautions (dans les photos ci-après, vous verrez en orange tout ce qui est neuf, heureusement que les nouveaux miniums marins sont oranges comme les anciens, on les repère mieux) :

  • Installer un mât de charge pour hisser à bord tout ce qui est lourd, ou enlever le beaupré,
  • Amener les « plateaux » de bois, ces planches grossières qui font jusqu’à 8 mètres de long, 9 cm d’épaisseur, environ 50 cm de large, en chêne ou châtaigner – Yann les amène avec le camion, Jean-Claude et Eric l’aide à les descendre sur la cale, puis dans l’eau, et Yann les remorque une par une derrière le zodiac, jusqu’au ponton à côté du Campillo, où il faut alors les hisser. Eh oui, impossible de les emmener à pied par le ponton, trop lourdes, trop longues, trop larges.
  • enlever les cadènes, les taquets, les chaumards,

    un taquet noir et un chaumard jaune
    un taquet noir et un chaumard jaune
  • étayer (oui, comme dans une restauration de maison = merci Guy qui nous a donné 2 étais de maçon dont il n’avait plus besoin),
  • enlever tous les emménagements intérieurs (dont la moitié de la cuisine)
  • enlever le pavois, le plat de pont, la préceinte, la serre-bauquière,
  • enlever et remplacer une bonne partie des membrures (vous vous souvenez, les côtes du squelette – voir article précédent),
    avant-après
    avant-après

    2015 07 11 Campillo (4)

    Yann pose les premières nouvelles membrures
    Yann pose les premières nouvelles membrures
  • tailler, cintrer, raboter, poser, peindre, fixer une serre-bauquière 

    une serre-bauquière (pas encore peinte) et les nouvelles membrures (peintes au minium orange)
    une serre-bauquière (pas encore peinte) et les nouvelles membrures (peintes au minium orange)
  • puis une préceinte, 

    La première préceinte, en court d'ajustage, tenue par une série de serre-joints.
    La première préceinte, en court d’ajustage, tenue par une série de serre-joints.
  • renforcer les barrots de pont, en poser de nouveaux pour renforcer encore plus,
  • mettre une seconde préceinte au-dessus de l’autre, en croisant les bouts (une fait 8 mètres de long, celle du dessus fait 2 ou 3mètres de moins, ce qui fera se croiser toutes les pièces pour ne pas créer de zone de faiblesse)
  • découper et poser le plat de pont pour cette zone-là, avec de belles « clés » qui maintiennent les morceaux entre eux et leur interdiront de se disjoindre.
    une clef reliant 2 morceaux de plat de pont (je ne suis pas sûre que ce soit le terme académique !)
    une clef reliant 2 morceaux de plat de pont (je ne suis pas sûre que ce soit le terme académique !)

    le plat de pont, à droite, la peinture en train de sécher avant de le retourner et le poser définitivement sur la gauche
    le plat de pont, à droite, la peinture en train de sécher avant de le retourner et le poser définitivement sur la gauche
  • fabriquer et poser des pièces que le Campillo n’avait pas jusque-là : des sous-ponts, qui relient entre eux les anciens et les nouveaux barrots de pont. Il était impossible d’enlever les barrots de pont sans défaire tout le pont… Donc irréalisable à quai, il aurait fallu être « à sec », dans un chantier.
le sous-pont (là encore je ne sais pas si c'est le terme académique) n'est pas encore peint sur cette photo
le sous-pont (là encore je ne sais pas si c’est le terme académique) n’est pas encore peint sur cette photo
  • faire aussi de nouvelles pièces de soutien des taquets en réfléchissant bien aux écoulements des eaux de pluie pour éviter la stagnation de petites flaques, ce qui entraîne le pourrissement
  • changer quelques lattes de pont sur le bord

    quelques lattes de pont neuves - il reste à mettre le joint
    quelques lattes de pont neuves – il reste à mettre le joint

Tout ça en pestant régulièrement contre les bateaux à moteur qui passent trop vite et trop près du Campillo, qui hélas n’a de place qu’à l’extérieur du port. Ces bateaux créent sans vergogne des vagues importantes qui secouent tous les bateaux du port de Pen Mané. Les plus gros bateaux ne sont pas les plus dangereux ! Nous avons perdu du matériel à cause d’eux, une serre-bauquière a été cassée à cause des vibrations infligées par une série de vagues et Yann a été obligé de prendre mille précautions à cause de cela comme amarrer (attacher) tous les outils par exemple !

Je sais, nos outils sont vieux, mais nous en avons besoin !

 

…/… à suivre

Du bois qui forme un angle

Notre Capitaine préféré a encore scié des troncs d’arbres ! Nous commençons à penser qu’il aime ça… malgré le poids des « billes » de bois !

Mais il faut bien choisir le bois. Selon sa dureté, sa résistance, son poids, il n’aura pas la même utilisation.

Nous avons la chance d’avoir un petit terrain couvert d’arbres de toutes sortes dont certains étaient tombés lors de la tempête de 1987. Plusieurs d’entre eux n’étaient pas morts. Leurs branches ont recommencé à pousser vers le ciel en formant un beau coude bien solide.

Yann les a préservés lors du nettoyage de notre petit bout de forêt. Maintenant, il les coupe à la taille dont il a exactement besoin et nous les chargeons sur le camion pour les ramener vers le lieu où est installée la scie.

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Une grume courbe sur le camion

Ces bois naturellement courbés serviront pour faire de nouvelles membrures (nous en reparlerons) ou des renforts sous le pont. Notre capitaine veut faire « comme sur l’Hermione » qu’il admire tant.

Après passage à la scie, voici le résultat :

 

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Une autre grume courbe, passée à la scie en 9 cm d’épaisseur

Lors du sciage, il y a du déchet. Alors la sciure est donnée à un copain pour ses toilettes sèches, les dosses (la tranche de croute extérieure, en dessous de l’écorce) sont recoupées en bois de chauffage et un autre copain attend la sciure de hêtre pour fumer son poisson. Mais Yann garde précieusement la plus petite planche, ça peut toujours servir !

Pour faire des économies, nous avons cherché presque toutes les machines (grosses ou petites) sur le Bon Coin ou dans des trocs et puces. Nous avons aussi fait du troc. On nous en a également donné plusieurs, souvent vieilles, voire en mauvais état. Alors Yann les nettoie, les répare et parfois même les repeint pour les protéger d’une nouvelle oxydation. Prenez la scie ! Elle a des dizaines d’années… Voyez le résultat !

2015 06 02 Scie

Il n’y a que pour la peinture, la colle et les clous (et vis) que nous allons devoir payer le prix fort ! Bon, tant pis, nous mangerons encore un peu plus de châtaignes de notre coin de forêt !

Les premières serre bauquières

Bonjour !

L’hiver a été bien long et notre Capitaine a affronté le vent, le froid et la pluie…

Mais les beaux jours arrivent enfin et son long travail de mise au point porte ses fruits :

  • les arbres nécessaires ont été transportés vers la scie,
  • l’affûteuse de lames de scie ronronne,
  • la scie a été longuement testée et elle est désormais opérationnelle,
  • les planches commencent à s’accumuler,
  • la rabo-dégau, la déligneuse et le tour à métaux ont déjà rendu des services… ne serait-ce que pour préparer les pièces manquantes pour la scie,

Voici une photo des premières pièces qui seront très prochainement transportées vers le bateau pour remplacer des serre-bauquières. Elles font 9 cm d’épaisseur, sur 6 mètres de long. C’est du cyprès, comme on le faisait pour la Marine du Roi !

2015 05 05 Deux serre bauquières

L’équipage nous a aidés à démonter 2 tables et la banquette sur bâbord (gauche du bateau). Nous avons laissé ces morceaux démontés dans la bannette (lit) du même côté, afin de maintenir l’équilibre du bateau.

En effet, nous avons constaté, depuis que Yann a décidé d’enlever le mât, que le bateau roule beaucoup d’un bord sur l’autre… Comme un bouchon !

Et là, vous vous dites : « il ne tangue pas ? ». Si, il tangue aussi mais un bateau tangue d’avant en arrière et roule sur les côtés !

Ah, ces marins, quel vocabulaire !

Pendant que nous parlons de vocabulaire, qu’est-ce que les serre-bauquières ? Humm, voyons, imaginez que le bateau est un animal : il a une colonne vertébrale (la quille), des côtes comme nous (les membrures)… Mais en plus, il a un autre renfort au bout des côtes pour les tenir ensembles : les serre-bauquières (à l’intérieur) et les préceintes (à l’extérieur), en haut, juste sous le pont. C’est d’ailleurs là-dessus que les barrots de pont vont s’appuyer (ce sont les poutres qui supportent le pont). Bon, on reverra ça avec des photos.

De mon côté, les jours de pluies, j’ai fait des housses pour le treuil, la table et le pied de barre. Heureusement que les jours de pluies ont été nombreux car j’ai eu bien du mal ! Le résultat n’est pas beau mais terriblement efficace : plus une goutte d’eau ne passe ni le soleil. Cela protègera le métal et les lazures…. Vous pensiez que j’allais écrire « les vernis »… Mais il n’y en a pas sur le Campillo. Yann trouve que les lazures sont meilleur marché et qu’elles font le même effet !

Franchement, le Campillo n’est pas un yacht, comme dit Yann, alors il n’est pas nécessaire de faire dans la finesse ! C’est un bateau de pirates !

Coudre les tauds – Machine à coudre SAILRITE

AVANT : le treuil
AVANT : le treuil
APRES : le taud - Ce n'est pas très beau ? Je voudrais vous y voir ! Et puis c'est mon premier... et le plus biscornu !
APRES : le taud – Ce n’est pas très beau ? Je voudrais vous y voir ! Et puis c’est mon premier… et le plus biscornu ! Promis, les suivants seront bien plus jolis !!!

Remettre certaines parties du bateau en bon état, c’est une chose. Les préserver, c’en est une autre ! Alors là, on peut aider le capitaine ! En faisant des tauds, des housses, des prélars… ancien terme de marine.

J’ai donc fait un petit apprentissage, toute seule, avec des livres et internet.

Je savais déjà faire un peu de couture, et j’avais refait les housses des matelas du bateau.

Mais là, il fallait coudre du « lourd », de la grosse toile.

Nous avons trouvé un rouleau de toile à prix réduit parce que le vendeur ne savait plus qu’en faire ! Mais c’est du gris… nous aurions aimé du noir… On fera avec !

Il faut une toile anti UV. Le fil doit aussi être adapté : plus gros, un peu « suifé » ou siliconé, anti UV, tout comme les fermetures éclairs et les sangles.

Il restait à trouver la bonne machine à coudre.

Après avoir essayé un modèle des années 50 bien costaud, il s’est avéré que ce n’était pas suffisant. Nous avons aussi cherché sur le Bon Coin, sur internet, chez des professionnels. Mais c’était toujours trop cher ou pas adapté.

C’est finalement sur un forum de « voileux » que j’ai trouvé la bonne information.

La « SAILRITE » !

2015 01 15 Sailrite (3)

Costaud, simple, juste ce qu’il faut pour un bateau.

Elle est transportable, dans sa mallette, car il faut aussi bien pouvoir travailler à la maison que sur le bateau ou bien encore sur un ponton.

Il faut qu’elle fasse le point droit, avant et arrière, et le point zig-zag nécessaire pour les voiles et les pièces sous tension.

Je voulais pouvoir jouer sur la vitesse de couture, mais la plupart des machines de pro. ne sont pas réglables. La SAILRITE : si !

Eh bien, croyez-moi, il n’existe qu’une seule machine capable de faire tout ça. Elle est américaine, distribuée en Europe par SOLENT SEW (site : www.solentsew.co.uk). Il y a aussi un modèle moins cher qui ne fait que le point droit, mais ça ne correspond pas à mon besoin.

Certes, elle est un peu chère, mais elle en vaut vraiment le coup ! Elle prend 9 épaisseurs, ou 9 millimètres : c’est époustouflant.

Il y a des options intéressantes également.

Et puis il y a un CD qui explique plein de choses très utiles et très intéressantes : tous les couturiers amateurs y apprendront quelque chose.

Et j’A-DO-RE le site internet et le blog avant plein de tutos ! C’est génial.

Ah, j’ai oublié de vous dire : ne la cherchez pas d’occasion ! Quand on en a une, on ne la revend pas ! Il n’y en a jamais d’occasion ! Mais vraiment, elle vaut le coup de faire des économies pour acheter une toute neuve.

Et chez SOLENT SEW, ils sont super pros, rapides et vraiment sympas.

On peut l’utiliser aussi pour la couture de « ménagère », mais comme j’avais déjà la machine de ma grand-mère et une machine des années 80, je garde la SAILRITE et ses réglages pour le gros travail. Yann louche dessus pour faire la sellerie de ses vieux véhicules !

A l'oeuvre dans l'atelier couture
A l’oeuvre dans l’atelier couture

Joyeux Noël !

 

Yann et son équipage Isa, Yvon, Jean-Claude et tous les équipiers d’un jour , vous souhaitent de Joyeuses Fêtes et une Bonne Année 2015 !!!

Carte de voeux  2014

 

En novembre, nous avons commencé à ramener des morceaux de troncs que Yann a préparés. Ce seront de futures planches. Nous commençons par des petits pour tester le matériel que Yann a installé sur le camion : treuil, vérin hydraulique, chèvre fixe (cette dernière est à modifier).

 2014 11 30 Arrivée des premières petites grumes (1)

La semaine suivante, le Capitaine a décidé de faire un petit carénage : gratter les moules (et non les arracher) puis calfater un peu. Yann nous a appris que, pour une coque en bois, il ne faut surtout pas arracher les moules qui se sont installées sur la coque. En effet, les petits filaments avec lesquels elles s’accrochent sont très puissants. Faites le test sur les rochers, c’est costaud ! Alors, si on tire sur les moules installées sur la peinture et le calfatage… eh bien elles emmènent tout avec leurs filaments. Et on se retrouve avec des trous dans la coque ! Alors il fallait « gratter », avec des sortes de spatules qui coupent les filaments. Ensuite, il fallait inspecter la coque et faire quelques réparations de calftat. Mais nous avons eu la bonne surprise de voir qu’il n’y en avait pratiquement pas.

Cela a permis que Yann prenne la décision de ramener son bateau à Pen Mané au bout d’une journée seulement.

Je ne vous ai pas dit le meilleur ! Nous avions demandé l’aide de 3 amis pour gratter la coque au petit matin. Quand nous sommes arrivés au bateau où Yann avait passé la nuit, quelle ne fut pas notre surprise de constater que toutes les moules étaient déjà par terre (au bas mot 1 tonne). Yann avait passé une bonne partie de la nuit, seul, à gratter les moules à la lueur de son projecteur !!!

 2014 12 06 Grattage des moules et petit calfatage (4)

Le démâtage était programmé pour la semaine suivante. Pourquoi démâter maintenant ? Eh bien parce que ça nous permet de mieux bâcher le pont pour passer l’hiver et puis pourquoi faire demain ce qu’on peut faire aujourd’hui ? C’est toujours ça de fait !

Pour ce faire, nous avons dressé la liste de toutes les tâches à accomplir, des matériaux nécessaires, des personnes qui pourraient nous aider : il nous faut des gilets de sauvetage, le camion avec le porte-grumes pour le mât de 20 mètres, des cibi (si j’écris CB on pense à la carte bleue), de quoi abreuver nos amis et leur redonner des forces, des sangles, un moteur hors-bord emprunté à Jean-Claude, et plein d’autres choses.

Ce sera l’occasion pour Guillaume de faire ses premières armes sur le Campillo,  pour voir si sa jeunesse s’accommode des vieilles planches !2014 12 13 Le démâtage (65)

 Nous avons un copain (Dédé) qui travaille chez SOTRAMA et qui est venu avec une de leurs grues (50 tonnes) pour lever le mât. Il a donc tout d’abord fallu faire un dossier en bon et due forme.2014 12 13 Le démâtage (8)

Immédiatement après, nous avons écrit à la Capitainerie du Port de Commerce de Lorient pour demandeé l’autorisation d’utiliser un de leurs quais pendant 2 heures. Nous avons reçu un excellent accueil de la part de ces personnes compétentes. En effet, il nous faut beaucoup d’espace car le mât fait 20 mètres, incluant le nid de pie et le flèche. 

Donc, le shopping de Noël, les vins chauds dans les marchés de Noël, le thé auprès de la cuisinière bien chaude, le tricot au pied du sapin… Pfffftttttt, rien !

 Le lundi, Yann a entrepris le démontage des feux de navigation, antenne VHF, antenne de radar, etc. Tout ce qui est dans la mâture mais qui ne sert pas à la maintenir. Isa a aidé à transporter tout cela et d’autres choses devenues inutiles mais qui sont encombrantes (radeaux de survies, cordages en stock…) pour les emmener à l’atelier. Ces choses auraient gêné Yann pendant les travaux. Nous continuons ainsi à faire le vide dans le bateau. 

 Vendredi, Yann et Jean-Claude ont démonté tous les feux, une partie des bastaques, les radars et autres détails dans la mâture. 2014 12 12 Jean Claude participe au démontage) (2)

Ils ont également préparé le zodiac avec son hors-bord.

 Et le grand jour est arrivé. Samedi matin, Yann, Yvon et Jean-Claude avaient rendez-vous à la Capitainerie du Port de Commerce pour prendre leurs badges d’accès au quai. Christiane et Michèle s’étaient finalement jointes à eux.

De notre côté, Hélène, Isabelle, Mous, Guillaume et moi avions rendez-vous au bateau pour le préparer à la manœuvre. Isa devait aussi prendre le zodiac pour aller chercher Yann au quai, en face, où il venait de laisser son camion.

Quand elle a ramené Yann, il n’avait plus qu’à mettre le moteur en route et larguer les 2 amarres en double. Nous avons traversé la rade sans problème et nous nous sommes amarrés au quai dit des 150 m (celui des paquebots !!!). Le Grand Dédé a alors amené la grue de 50 tonnes de la SOTRAMA. Et tout s’est très bien déroulé : Dédé a préparé sa grue dans les règles de l’art, Yann a préparé ses élingues, Mous et Guillaume ont largué les dernières bastaques. Dédé a alors hissé le mât tout doucement, comme une fleur et l’a déposé sur le quai.

Je sais, vous vous dites que les couleurs sont bizarres... mais c'est qu'il ne faisait pas encore vraiment jour !
Je sais, vous vous dites que les couleurs sont bizarres… mais c’est qu’il ne faisait pas encore vraiment jour !

2014 12 13 Le démâtage (50)

Mous et Jean-Claude ont amené le triqueballe, Dédé a descendu l’avant du mât pour qu’il commence à se coucher sur le triqueballe. Yann a amené le camion sous l’avant de ce mât. Il restait alors à démonter le nid de pied, le flèche. Tous nos hommes ont ensuite attachés les câbles et cordages restant autour du mât.

2014 12 13 Le démâtage (34)

Il a encore fallu ramener le Campillo à sa place habituelle et c’est notre ami Rolland de la Capitainerie qui nous a ramenés au camion.

2014-12-13 10.20.16

Le convoi était formé de Jean-Claude à l’avant, le camion au milieu et Yvon derrière, chaque véhicule ayant des gyrophares.

Et nous sommes allés ainsi jusque chez Hélène. Le mât devrait passer là des mois, au sec.

Hélène nous a réchauffés d’un bon café, car il faisait quand même froid sur la rade en ce petit matin de décembre !

 

Les douglas

L’équipage permanent (Yvon et Jean-Claude) a permis le transport des grumes de douglas vers l’atelier où se trouve la scie. Il a fallu deux journées de dur travail dans un terrain pentu et peu accessible pour regrouper les grumes, puis une journée de transport.

 

L'équipage travaille dur pour préparer la remise en état de naviguer du bateau
L’équipage travaille dur pour préparer la remise en état de naviguer du bateau

 

Actuellement, le Capitaine installe sa scie, ce qui prend beaucoup de temps. Il a fallu creuser une fosse, poser du métal pour armer le béton, coffrer, couler le béton. Au moment où j’écris ces quelques lignes, le béton sèche ! Pendant ce temps, Yann prépare son triqueballe, mais il préfère l’appeler un « trimballe »… Cela permettra de ramener de longs troncs d’arbres.

 

La scie

Si vous avez déjà lu nos précédents articles, vous savez que nous avons besoin de bois pour faire les prochains travaux. Mais nous n’avons pas le budget pour aller acheter les planches et les poutres chez les marchands.

Quand on n’a pas les moyens d’acheter et quand on a encore la santé, il reste à se relever les manches et à faire soi-même. Et ça, nous savons faire !

Alors, comme le bois vient des arbres… il faut d’abord trouver des arbres… Et si on suit le cheminement nécessaire de l’arbre à la pièce de bois installée dans le bateau, il faut :

–          l’arbre sur pied : nous avons acheté un hectare de bois en Centre-Bretagne parce que ça ne coûte pas trop cher (l’ensemble du terrain et des frais de notaire équivaut à l’achat du volume de 2 beaux arbres détaillés chez le marchand). Nous avons défriché ce terrain non entretenu depuis des années. Il y a des arbres qui étaient tombés en 1987 et donc le bois est maintenant bien sec pour nous chauffer et faire la cuisine dans la cuisinière en fonte… hum le moelleux d’un gâteau cuit dans un four en fonte…. Gâteau aux châtaignes ramassées dans notre bois.

–          la tronçonneuse pour abattre les arbres… Et là, vous vous dites ! mais ils ne vont quand même pas raser la forêt !? Eh bien non ! D’abord, Yann n’abat que 4 ou 5 arbres pour son travail sur le bateau, et le reste est déjà tombé pendant la tempête de 1987. En plus, parmi ces derniers, il y en a qui se sont couchés mais qui ne sont pas morts ! Alors, certaines branches ont repris leur pousse vers le ciel, ce qui donne de beaux angles au bois, très utiles pour le bateau !!! On ne pouvait pas rêver mieux. Mais vous verrez cela quand nous les utiliserons. Et puis, j’ai ramassé soigneusement des châtaignes et des glands à peine germés. Yann les a amoureusement plantés et arrosés, chouchoutés, replantés… et nous voici avec une nurserie d’une soixantaine de jeunes arbres… dans notre grenier, pour le moment !

La nurserie
La nurserie

–          le treuil pour tirer les troncs vers le chemin : Yann l’a fabriqué et motorisé. L’autre jour, il a voulu l’utiliser sans le décrocher de la voiture… eh bien le treuil s’est treuillé lui-même tout en emmenant avec lui la voiture ! Alors notre ingénieur (Yann) a mis un système de pattes pour qu’il ne bouge plus !

–          le camion ou la remorque pour les transporter : Yann a remis son camion en excellent état et nous avons un grand succès ! Vous avez vu des photos ? Là encore, il ne faut que beaucoup de courage et de savoir faire. Car ce n’était qu’un tas de rouille sans moteur ni benne… Avec des grands trous partout…

–          la scie à grumes… ou scie de scierie… Ah ! la scie… Quelle histoire ! Je vais vous raconter ça.

Nous avons trouvé une vieille scie à grumes… vers Bergerac. Nous n’avions plus qu’à nous débrouiller pour la démonter et la transporter et la remonter ! Pufffffff, facile !!!! Euh… c’est-à-dire qu’elle a 17 mètres de rail, 3,50 mètres de haut, qu’elle pèse au moins 1 tonnes et demie… Tout ça dans une bonne ferraille bien épaisse, un peu oxydée mais pas rouillée. Après y être allé une première fois pour tout démonter et tenter de la ramener sur une remorque moderne, le matériel que Yann avait loué s’est révélé trop faible pour ramener tout ça. Alors la scie est restée chez le généreux donateur… pendant quelques mois d’hiver et d’intempéries.

La scie nous a attendus
La scie nous a attendus

Et nous avons décidé d’aller la chercher sans louer à nouveau (trop cher)… Donc, nous avons décidé d’essayer de le faire avec le vieux camion U23 et une bonne remorque… elle aussi fabriquée par Yann.

Franchement, nous n’étions pas tout à fait sûrs qu’un seul tour suffirait et nous ne savions pas le temps qu’il nous faudrait pour faire les 600 km à vide, et encore moins les 600 km de retour, chargés. Alors j’avais prévu 5 jours. Nous sommes partis avec les duvets, un énorme sac pour les pique-niques, des vêtements bien chauds et un livre des cartes routières… ben oui, vous croyez qu’on a un GPS dans ce camion ?!

Ce camion  se démarre à la manivelle, il n’a pas de chauffage, il n’a pas de ceintures de sécurité, il a un siège qu’il faut enlever à chaque fois qu’on veut faire le plein ! Et quand on est sur le siège, on est comme juché sur un tabouret de bar… sauf que ça bouge en permanence et que ça suit les cahots de la route… Le bruit est tel qu’une vraie discussion est impossible… Ne songez même pas à un autoradio !

Et la direction n’est pas assistée mais il faut insister ! Ca ne tourne pas sur place comme les voitures d’aujourd’hui !

Finalement, il ne nous a fallu que 10 heures pour aller ! Nous avons trouvé une chambre d’hôtes avec un très grand parking clos pour la nuit un peu avant Bergerac où nous avons été royalement accueillis.

La pièce principale de la scie, couchée dans la benne du camion
La pièce principale de la scie, couchée dans la benne du camion

Le lendemain matin, Yann et le généreux donateur ont chargé les différents éléments sur le camion et sur la remorque.

Le camion chargé, prêt à partir
Le camion chargé, prêt à partir

Et nous avons pris le chemin du retour à 13H00. Arrivés à Libourne, nous nous sommes concertés : finalement le camion roulait bien ! On pourrait peut-être rentrer à Lorient directement… Bon, on allait s’arrêter à Rochefort (ville que je chéris par-dessus toutes) pour le dîner et pour le café. Et on ferait le point. J’espérais secrètement qu’on passerait une nuit à Rochefort et qu’on reprendrait la route le lendemain matin. Mais nous ne nous sentions pas fatigués et nous avons rencontré un monsieur d’Amiens et son fils qui nous ont distraits un moment par leur discussion. Ils nous ont redonné de l’énergie et nous avons décidé de reprendre la route… Au fil des heures, je remettais des couches supplémentaires de vêtements en polaire, le bonnet, les gants… mais je n’ai pas eu trop froid. J’ai surtout eu envie de dormir mais c’est totalement impossible dans ce camion ! Nous sommes arrivés au bout de 12 heures de route…

Le plus dur, ce fut de s’endormir : nos oreilles sifflaient dans le silence de la nuit… Un peu sonnées par le bruit du moteur…

Nous sommes rentrés, heureux de l’aventure, Yann fier de son camion et moi fière de mon mari !

Prochaine étape : installer la scie. Il faudra sceller des supports. Pour cela Yann utilisera les pierres qu’il a démontées et descendues lui-même du toit de notre maison, quand nous avons démoli la cheminée. Avec nous : rien ne se perd !

Je sais, il n’y a beaucoup d’eau salée, dans tout ça… Mais se sont des étapes nécessaires pour restaurer et entretenir un vieux gréement, quand on a un revenu tout à fait normal.

Un poêle pour avoir chaud !

Le Capitaine a installé un poêle pour que nous ayons chaud l’hiver ! Et il l’a immédiatement testé en y faisant chauffer la bouilloire anglaise, celle qui siffle dès que l’eau boue.

Au bout de 5 minutes, l’eau était chaude et le café fumait !

Je me demande si ça ne va pas devenir un salon flottant !

A l'intérieur d'un voilier en bois, on trouve souvent un poêle à bois !
A l’intérieur d’un voilier en bois, on trouve souvent un poêle à bois !

Voici le poêle du bateau ! Presque aussi jeune que les membrures…

Sur le pont
Sur le pont

Et voici la cheminée, qui n’est installée qu’à quai ou au mouillage et qu’on enlève lors des navigations. Vient alors se visser à la place un nâble qui bouche le trou.

Voilà, ça fume !!!

par une grise journée en rade de Lorient
par une grise journée en rade de Lorient