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Le treuillage d’un chêne

Un chêne !
Un chêne !

Voilà la coupe d’un chêne qui nous fournit une grume (morceau de tronc) de 13 mètres de long. Notre capitaine a bataillé pendant 3 heures avec son treuil pour ramener ce tronc sur le chemin. Depuis, les branches ont été enlevées et la plupart d’entre-elles sont déjà détaillées et mises en tas à sécher, pour faire du bois de chauffage dans 2 ans.

Certaines belles branches feront quand même des planches ou des tasseaux !

Nous avons trouvé sur LE BON COIN des palans à chaîne pour un bon prix et aussi un cric forestier. Tout cela permet à Yann de déplacer ses grosses pièces de bois, sans aide et en toute sécurité.

Toutefois, Yann a perdu ses plus grosses machines à bois : je vous épargne les tristes détails. Il va falloir en trouver d’autres et les installer, donc les travaux du Campillo ne seront pas faits cette année. Tout au mieux seront-ils commencés.

N’oubliez pas d’aller voir nos pages « Capitaine » ou « Caractéristiques du bateau » ou encore « les 4 vies du Campillo » pour voir le bateau…

La scie

Si vous avez déjà lu nos précédents articles, vous savez que nous avons besoin de bois pour faire les prochains travaux. Mais nous n’avons pas le budget pour aller acheter les planches et les poutres chez les marchands.

Quand on n’a pas les moyens d’acheter et quand on a encore la santé, il reste à se relever les manches et à faire soi-même. Et ça, nous savons faire !

Alors, comme le bois vient des arbres… il faut d’abord trouver des arbres… Et si on suit le cheminement nécessaire de l’arbre à la pièce de bois installée dans le bateau, il faut :

–          l’arbre sur pied : nous avons acheté un hectare de bois en Centre-Bretagne parce que ça ne coûte pas trop cher (l’ensemble du terrain et des frais de notaire équivaut à l’achat du volume de 2 beaux arbres détaillés chez le marchand). Nous avons défriché ce terrain non entretenu depuis des années. Il y a des arbres qui étaient tombés en 1987 et donc le bois est maintenant bien sec pour nous chauffer et faire la cuisine dans la cuisinière en fonte… hum le moelleux d’un gâteau cuit dans un four en fonte…. Gâteau aux châtaignes ramassées dans notre bois.

–          la tronçonneuse pour abattre les arbres… Et là, vous vous dites ! mais ils ne vont quand même pas raser la forêt !? Eh bien non ! D’abord, Yann n’abat que 4 ou 5 arbres pour son travail sur le bateau, et le reste est déjà tombé pendant la tempête de 1987. En plus, parmi ces derniers, il y en a qui se sont couchés mais qui ne sont pas morts ! Alors, certaines branches ont repris leur pousse vers le ciel, ce qui donne de beaux angles au bois, très utiles pour le bateau !!! On ne pouvait pas rêver mieux. Mais vous verrez cela quand nous les utiliserons. Et puis, j’ai ramassé soigneusement des châtaignes et des glands à peine germés. Yann les a amoureusement plantés et arrosés, chouchoutés, replantés… et nous voici avec une nurserie d’une soixantaine de jeunes arbres… dans notre grenier, pour le moment !

La nurserie
La nurserie

–          le treuil pour tirer les troncs vers le chemin : Yann l’a fabriqué et motorisé. L’autre jour, il a voulu l’utiliser sans le décrocher de la voiture… eh bien le treuil s’est treuillé lui-même tout en emmenant avec lui la voiture ! Alors notre ingénieur (Yann) a mis un système de pattes pour qu’il ne bouge plus !

–          le camion ou la remorque pour les transporter : Yann a remis son camion en excellent état et nous avons un grand succès ! Vous avez vu des photos ? Là encore, il ne faut que beaucoup de courage et de savoir faire. Car ce n’était qu’un tas de rouille sans moteur ni benne… Avec des grands trous partout…

–          la scie à grumes… ou scie de scierie… Ah ! la scie… Quelle histoire ! Je vais vous raconter ça.

Nous avons trouvé une vieille scie à grumes… vers Bergerac. Nous n’avions plus qu’à nous débrouiller pour la démonter et la transporter et la remonter ! Pufffffff, facile !!!! Euh… c’est-à-dire qu’elle a 17 mètres de rail, 3,50 mètres de haut, qu’elle pèse au moins 1 tonnes et demie… Tout ça dans une bonne ferraille bien épaisse, un peu oxydée mais pas rouillée. Après y être allé une première fois pour tout démonter et tenter de la ramener sur une remorque moderne, le matériel que Yann avait loué s’est révélé trop faible pour ramener tout ça. Alors la scie est restée chez le généreux donateur… pendant quelques mois d’hiver et d’intempéries.

La scie nous a attendus
La scie nous a attendus

Et nous avons décidé d’aller la chercher sans louer à nouveau (trop cher)… Donc, nous avons décidé d’essayer de le faire avec le vieux camion U23 et une bonne remorque… elle aussi fabriquée par Yann.

Franchement, nous n’étions pas tout à fait sûrs qu’un seul tour suffirait et nous ne savions pas le temps qu’il nous faudrait pour faire les 600 km à vide, et encore moins les 600 km de retour, chargés. Alors j’avais prévu 5 jours. Nous sommes partis avec les duvets, un énorme sac pour les pique-niques, des vêtements bien chauds et un livre des cartes routières… ben oui, vous croyez qu’on a un GPS dans ce camion ?!

Ce camion  se démarre à la manivelle, il n’a pas de chauffage, il n’a pas de ceintures de sécurité, il a un siège qu’il faut enlever à chaque fois qu’on veut faire le plein ! Et quand on est sur le siège, on est comme juché sur un tabouret de bar… sauf que ça bouge en permanence et que ça suit les cahots de la route… Le bruit est tel qu’une vraie discussion est impossible… Ne songez même pas à un autoradio !

Et la direction n’est pas assistée mais il faut insister ! Ca ne tourne pas sur place comme les voitures d’aujourd’hui !

Finalement, il ne nous a fallu que 10 heures pour aller ! Nous avons trouvé une chambre d’hôtes avec un très grand parking clos pour la nuit un peu avant Bergerac où nous avons été royalement accueillis.

La pièce principale de la scie, couchée dans la benne du camion
La pièce principale de la scie, couchée dans la benne du camion

Le lendemain matin, Yann et le généreux donateur ont chargé les différents éléments sur le camion et sur la remorque.

Le camion chargé, prêt à partir
Le camion chargé, prêt à partir

Et nous avons pris le chemin du retour à 13H00. Arrivés à Libourne, nous nous sommes concertés : finalement le camion roulait bien ! On pourrait peut-être rentrer à Lorient directement… Bon, on allait s’arrêter à Rochefort (ville que je chéris par-dessus toutes) pour le dîner et pour le café. Et on ferait le point. J’espérais secrètement qu’on passerait une nuit à Rochefort et qu’on reprendrait la route le lendemain matin. Mais nous ne nous sentions pas fatigués et nous avons rencontré un monsieur d’Amiens et son fils qui nous ont distraits un moment par leur discussion. Ils nous ont redonné de l’énergie et nous avons décidé de reprendre la route… Au fil des heures, je remettais des couches supplémentaires de vêtements en polaire, le bonnet, les gants… mais je n’ai pas eu trop froid. J’ai surtout eu envie de dormir mais c’est totalement impossible dans ce camion ! Nous sommes arrivés au bout de 12 heures de route…

Le plus dur, ce fut de s’endormir : nos oreilles sifflaient dans le silence de la nuit… Un peu sonnées par le bruit du moteur…

Nous sommes rentrés, heureux de l’aventure, Yann fier de son camion et moi fière de mon mari !

Prochaine étape : installer la scie. Il faudra sceller des supports. Pour cela Yann utilisera les pierres qu’il a démontées et descendues lui-même du toit de notre maison, quand nous avons démoli la cheminée. Avec nous : rien ne se perd !

Je sais, il n’y a beaucoup d’eau salée, dans tout ça… Mais se sont des étapes nécessaires pour restaurer et entretenir un vieux gréement, quand on a un revenu tout à fait normal.